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Une vieille histoire irlandaise

Nous assistons depuis plusieurs semaines à de longs débats sur l'origine de la viande commercialisée dans les supermarchés et autres Picard. Une discussion qui trouve son origine en Irlande du Nord avec l'inspection surprise d'un stock de viande polonaise. Cette anecdote qui aurait dû passer aux oubliettes se retrouve sur le devant de la scène depuis que les irlandais, après avoir mené une enquête approfondie (si l'on se renseigne, on a l'impression que la CIA et le FBI locaux ont du intervenir) ont découvert de l'ADN de cheval dans cette viande.

S'agit-il pour autant de viande de cheval? Même pas: on parle simplement d'additifs alimentaires protéinés fabriqués à partir de carcasses équines qui ont été donnés à des vaches afin d'améliorer la qualité de la viande...

S'installe alors un climat de suspicion et, de fil en aiguille, on s’aperçoit que des traces d'ADN chevalin se retrouve dans de nombreux produits. En plus, cette fois-ci, on ne trouve pas uniquement des traces d'additif alimentaire mais bien des stocks entiers labellés "vache" qui ne contiennent que du cheval. Résultat des courses (nous ne parlons ici ni de courses de chevaux, ni de courses à la boucherie), notre cheval préféré se serait glissé dans des lasagnes Findus, des raviolis Panzani, des tortellinis Nestlé...

Fait curieux, l'événement qui aurait du conduire à une popularisation de la viande chevaline car il illustre qu'elle ne peut pas être différenciée de la viande de boeuf par le goût et car il bénéficie de la bénédiction des autorités sanitaires des différents pays de l'Union Européenne, a été monté en épingle par les médias, les témoignages des consommateurs consternés se multipliant sur le net à la télévision. Le sujet devient plus préoccupant que la crise économique, la guerre au Mali ou la victoire du PSG sur l'OM.

Personnellement, je n'en fais pas un cheval de bataille car suis moins stressé par l'éventuelle différence de goût entre une entrecôte de boeuf et la pièce équivalente en chevalin que par les pratiques suivies pour la production de la viande.

Des idées pour l'entreprenariat

Je pose donc la question: est-ce bien un drame ?

Lors d'un voyage en Thaïlande, j'ai visité une usine qui fournit les fast-foods locaux en viande. Le spectacle est édifiant: une vache vivante entière est plongée dans un hachoir géant et en ressortent les magnifiques petits steaks qui viennent remplir nos hamburgers. Fort de cette expérience, je ne m'attendais pas à trouver des morceaux de meilleure qualité à l'intérieur de mes raviolis ou de mes lasagnes préférés. C'est donc plutôt une bonne surprise d'observer que ces agglomérés de viande de boeuf au traitement douteux ont été remplacé par de bonnes pièces de cheval. La production actuelle de viande chevaline en France (8000 tonnes par an) est en effet insuffisante pour que soit mis en place des procédés industrialisés comme celui utilisé avec les vaches et je suis heureux de bénéficier à titre gratuit de viande cheval "fermier" élevé dans la nature à la place de viande de boeuf élevé en batterie.

A une époque où la liberté d'entreprise est en perte de vitesse, l'intégration horizontale de ce modèle à des viandes de source différente pourrait en plus être envisagée. Je pense par exemple à la récupération des chevaux blessés à la fin des courses ou dans les manèges. Le traitement rapide de la viande décrit au-dessus permettrait une utilisation optimisée du cheval (comme le faisait remarquer un ingénieur agro-alimentaire, il conviendra néanmoins de vérifier que les fers ont été retirés de la bête avant traitement pour éviter d'user/abîmer le hachoir excessivement).

D'autres "business" pourraient également être développés tel que la création de jeux de société où le participant doit deviner au goût la différence entre une pièce de boeuf ou une pièce de cheval. Ce projet est néanmoins risqué, la difficulté du challenge risquant de décourager les acheteurs. Plus simplement, on pourrait aussi se contenter de répliquer la méthode polonaise qui consiste à broyer des carcasses équines pour en faire des additifs alimentaires et améliorer la qualité de nos viandes...

Les discussions ne vont malheureusement pas la bonne direction. C'est dommage car l'industrie agro-alimentaire a, comme les autres, bien besoin d'un coup de pouce en ce moment et ce débat aurait pu être l'occasion pour elle de se décomplexer un peu : les mexicains consomment en moyenne 700g de viande chevaline par personne et par an alors que nous en consommons à peine plus de 100, le chemin est long.

Alors messieurs, pourquoi monter sur vos grands chevaux quand vous avez enfin la preuve que ceux-ci ne sont pas moins bons que les steaks "viande française" que vous choisissez arbitrairement d'acheter aux supermarchés ?

JYC
 

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